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Le Squadron de Chasse



Evolution des Formations (2)

Phoney War - Clash entre chasseurs 

Lors de cette phase intermédiaire entre la déclaration de guerre et l'assaut allemand de mai 1940,  l'Angleterre envoie une importante force militaire sur le continent, qui s'installe le long de la frontière nord-est de notre pays, aux côtés des forces françaises. La composante aérienne de la British Expeditionary Force (BEF) , nommée "Air Component" , comprend 6 Squadrons de chasse sur Hurricane et Gladiator, dont 2 gérés par la réserve de la RAF.  

Cette "Phoney War", terme anglais utilisé pour la "Drôle de Guerre", se caractérise par une suite d'escarmouches entre les chasseurs alliés et ceux de la Luftwaffe, notamment au-dessus de la Lorraine et du Saarland.  

La majorité des missions qui mènent à ces rencontres sont des patrouilles de secteur par des chasseurs, des interceptions visuelles d'avions de reconnaissance allemands, et le contraire, lors de la protection d'avions d'observation et de reconnaissance français.

Des forces de chasse de l'AASF, seuls les No.1 et No.73 Sqn., composés de cadres d'active, connaissent réellement l'action lors de la "Phoney War". La coopération régulière avec l'Armée de l'Air et l'analyse des premières rencontres avec les "109" permet de faire un premier point des tactiques employées. 

Avant tout, la formation standard adoptée jusqu'alors se révèle impropre face au risque de la chasse: l'attention des ailiers se porte au maintien de la formation serrée et ne peut se détourner vers la surveillance du ciel sans risquer d'entraîner une collision; la formation compacte (une "vic" ou plusieurs dans une "battle formation") souffre d'un vaste angle mort  arrière, zone la plus propice à une attaque; le chef de dispositif, s'il a toutes ces capacités d'observation, ne peut entreprendre de manoeuvres immédiates et serrées sans disloquer toute sa formation. Ajouté à ces handicaps propre à la disposition spatiale, aucune règle écrite ne définit l'action à tenir dans un combat contre des chasseurs, ainsi que le rôle à tenir par chacun dans ce genre d'action.

Les premières rencontres conduisent à des résultats très variables. A ces occasions la météo capricieuse (l'automne et l'hiver 39-40 seront très rudes)  joue un rôle important en entraînant des rencontres surprises entre chasseurs, où les distances et altitudes de départ - très proches et parfois inversées - amorcent souvent des combats tournoyants, les Bf 109 acceptant l'engagement, mais se gardant l'avantage de pouvoir piquer et fuir si la situation devient défavorable.  

Peu de véritables leçons sont tirées de ces premiers échanges de tir. Le combat dégénère souvent en lutte individuelle où chaque action est à la mesure du caractère de son pilote. Il faut malheureusement attendre les premières pertes pour amener les analyses au stade de changements et d'essais.  

 

Au début de l'hiver 1939, les premières mentions du "Arse-end Charlie" apparaissent dans les "combat reports". L'idée est de diminuer le défaut de surveillance arrière de la formation standard en en détachant un pilote, volant derrière et un peu plus haut que le dispositif, tout en répétant des virages légers pour libérer ses zones d'observation. 

Toute menace est ainsi signalée, permettant au chef de formation de gagner quelques secondes pour réagir.  Toute menace... ou presque, car la place du "Arse-end Charlie" devient vite la "place du mort" en cas de défaut de surveillance... Quant au reste de la formation, il ne change pas. 



Une autre modification est, elle, en partie copiée sur le système français des Patrouilles de Chasse.  Chaque vic est détachée de l'autre, séparée d'une distance conséquente (plusieurs centaine de mètres), et étagée à une altitude différente.  Ce moyen obtient de bons résultats dans la surveillance, mais empêche les sections d'agir ensemble, notamment  dans une action défensive.

Des copies de Patrouilles Légères françaises sont également testées ( une paire de chasseurs) mais l'idée ne semble pas être retenue. Enfin, pour se tirer de mauvaises situations, on pense à réintroduire le cercle défensif, inventé lors de la Grande Guerre. Encore que ce "Luftbery" nécessite une bonne coordination des pilotes dans une situation d'urgence et un nombe minimum d'avions pour le constituer.

Lors de cette période, il faut garder à l'esprit que le nombre d'appareils engagés est souvent bas,  compte-tenu  du peu d'avions disponibles.

                  




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