Le Squadron de Chasse
Evolution des Formations (1)
Au début de la guerre, les forces aériennes, dans leur plus grande majorité, n’avaient que peu d’idées sur la manière d’affronter en combat les avions de chasse de leurs ennemis, et elles ignoraient même si elles allaient les affronter. Les nouveaux avions de chasse monoplans, à grande vitesse, étaient conçus principalement pour la destruction des bombardiers. Leurs préoccupations essentielles étaient la vitesse et la puissance d’ascension, et leur capacité de manoeuvre était généralement
considérée comme moins importante.
De nombreux experts croyaient que l’augmentation considérable des prestations des avions de chasse depuis la première guerre mondiale signifiait qu’il n’était plus possible de combattre en faisant des manoeuvres à grandes vitesses. Le Manuel de
tactiques aériennes de la RAF (édition 1938) disait :
« La manoeuvre à grande vitesse n’est plus praticable dans le combat aérien, car l’effet de la gravité sur le corps humain dans les changements rapides de direction à haute vitesse provoque une perte de conscience temporaire, et rend difficile
le feu de dérive et la précision du tir. »
La guerre devait rendre rapidement manifeste le fait que le combat avec manoeuvre à grande vitesse était quelque chose de difficile, fatiguant et généralement très délicat. Toutefois, certains pilotes de chasses voyaient cela de moindre importance et non comme quelque chose qui limiterait leur
efficacité.
Selon donc la doctrine de la RAF, pour qu’une unité de chasse pût battre une formation de bombardiers ennemis sans escorte, la concentration de la plus grande puissance de feu possible était nécessaire, ce qui supposait de situer une formation d’avions de chasse à proximité, à l’arrière des bombardiers, depuis laquelle les patrouilles, composées de trois appareils chacune, lanceraient
une série d’attaques.
A cette fin, le commandement de la chasse exerça ses pilotes à l’usage de formations compactes d’une escadrille de douze avions, divisée en quatre patrouilles de trois appareils. Les patrouilles devaient voler en "V" avec l’avion de chasse du chef en tête et les suivants alignés à sa suite à une courte distance. On fit plusieurs essais d’attaques convenues, jusqu’a ce que celles – ci pussent être réalisées avec une précision mathématique. Une fois en contact avec les bombardiers, le chef devait placer ses avions de chasse à une courte distance de l’arrière de l’ennemie et attaquer avec son escadrille, ce qui donne cette fois dans le Manuel de
la tactique RAF de 1938 :
« Continuer l’attaque jusqu’à avoir épuisé les munitions, abattu l’avion ennemi ou
avoir son propre avion abattu ou rendu inutilisable »
Les trois autres patrouilles devaient intervenir successivement derrière celle du chef et attaquer lorsque la précédente leur laissait le
champ libre.
Battle formation
Vic très serré pour unités opérant en Grande-Bretagne. Seul le leader recherche l’ennemi, les ailiers
se contentent de maintenir la formation.
La formation initiale est celle-ci (Distance au sein des Vic: 15m)
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