Doctrine d'emploi de la Chasse - 1940
~ Revue du manuel 1938 ~
La première fonction d’un avion de chasse est de contribuer à l’obtention de la supériorité
aérienne par la destruction des appareils ennemis.
Il peut aussi être employé pour l’attaque d’objectifs au sol, à la bombe ou la mitrailleuse.
Cette revue aborde les points suivants:
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Coopération RAF / Marine
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Coopération RAF/ Armée de Terre
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Rayon d’action
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Protection en vol
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Allocation des forces défensives/offensives
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Interception
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Attaques à basse altitude
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Combat aérien en formation
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Patrouilles offensives par squadrons de chasse
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Attaques aériennes des aérodromes
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Opérations maritimes
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Missions anti-sous marines
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Escortes de convois
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Reconnaissance
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Attaques de bombardement ou torpillage
Coopération RAF / Marine
Le bombardement et la chasse non équipée spécialement pour les opérations maritimes peuvent être amenés à être employés dans ce type d’opérations dans la mesure où la distance des bases terrestres
l’autorise.
Coopération RAF/ Armée de Terre
Les actions sont la reconnaissance lointaine, moyenne et rapprochée par vue, photo, de nuit ou de jour, au profit de l’artillerie ou des
transmissions.
Le bombardement assiste les forces terrestres par les bombardements tandis que la chasse essaye d’obtenir la supériorité aérienne de façon à permettre aux autres appareils ou forces
terrestres de remplir leurs objectifs.
En cas de nécessité, ou sur ordre pendant les phases critiques d’engagements terrestres – par exemple durant une retraite, la chasse peut attaquer les troupes, chars, colonnes de transport ou
tout autre objectif terrestre à la bombe ou la mitrailleuse.
Rayon d’action
L’aviation doit prendre en compte les éléments suivants dans la
préparation de ses opérations :
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Horaire et séquencement des opérations
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Réduction de la vitesse et accroissement de la consommation carburant induits par la vol en formation
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Temps passé au-dessus de l’objectif
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Altitude moyenne de la mission
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Type d’armement emporté
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Marge de sécurité tenant compte des aléas techniques ou tactiques prévisibles
Protection en vol
Aucun plan tactique défensif n’est concevable à l’avance à l’exception de la prise de mesures diminuant ou supprimant la possibilité de l’effet de surprise par
l’ennemi.
La puissance de feu va dépendre de l’efficacité tactique, de la cohésion, du degré d’alerte et de la discipline de la formation, selon
l’évolution des tactiques adverses.
Le dispositif assure sa propre protection vers et au retour de l’objectif, opérant en formation ce qui seul peut lui garantir puissance de feu maximale et
soutien mutuel.
Sachant que la cohésion est primordiale, l’ennemi s’attache à la rompre, ce qu’il faut absolument éviter. En cas de désorganisation, la reconstitution d’un dispositif cohérent doit être réalisé le plus rapidement possible dans l’éventualité d’un
engagement avec l’ennemi.
L’emploi de la chasse en escorte directe d’une formation employée de manière offensive doit rester exceptionnel, dans la mesure où la chasse ne peut être employée que de manière offensive. Le chasseur monomoteur n’est pas adapté à ce type de mission puisqu’il est séparé de la formation escortée durant
l’engagement.
Le transport ne pouvant assurer sa protection, doit l’être par la chasse chaque
fois que la mission de transport risque une attaque ennemie.
Allocation des forces défensives/offensives
Le maintien de forces en mission défensive doit être évité au maximum car cela diminue d’autant les ressources déployées
pour le maintien de la pression sur l’ennemi.
Interception
En cas d’interception d’une formation de bombardiers ennemis escortés par de la chasse, la chasse amie doit avoir pour objectif de contenir la chasse ennemie tout en détruisant sa force de bombardement. Cela ne peut se faire qu’avec une concentration des moyens adaptée
sur le secteur concerné.
L’interception à partir du sol n’est possible que si le temps nécessaire au positionnement des forces avant
l’arrivée de l’ennemi est possible.
Le principe de patrouilles aériennes de combat constantes est à rejeter car il mobilise trop de moyens pour les missions purement offensives, tout en allouant trop peu de moyens sur le secteur
décisif.
Attaques à basse altitude
Ces attaques sont efficaces sur le plan matériel et moral, surtout si elles sont conduites en coopération avec des bombardiers, soit sur les mêmes
objectifs, soit sur la Flak du secteur attaqué.
Combat aérien en formation
La coopération et la puissance de feu par le maintien du vol en formation, dans une
unité d’action commandée par un seul leader.
Le nombre d’appareils doit être adapté pour assurer cohésion et
manoeuvrabilité exigées par leur rôle.
La formation compacte assure le maximum de soutien mutuel. La puissance d’une formation réside dans son unité face aux tentatives pour la
rompre.
Quand une formation de chasse est engagée par des appareils aux performances où en nombre supérieurs, il est recommandé de conserver la formation pour éviter à tout appareil d’être
engagé par une force supérieure.
En revanche, face à des appareils aux performances inférieures, l’avantage réside dans la vitesse et la manœuvre rapide, et il est recommandé d’adopter des formations ne restreignant pas
ces qualités.
Patrouilles offensives par squadrons de chasse
Le meilleur moyen d’emploi contre l’ennemi est la mission offensive en-dehors du périmètre des autres appareils amis. Par une action énergique contrariant les opérations aériennes ennemies, une protection indirecte sera de ce fait apportée aux
formations amies.
Chaque fois que les aérodromes ennemis sont à portée, la conduite de patrouilles offensives doit être menée par la chasse pour contrecarrer les opérations de l’ennemi, en
parallèle des opérations de bombardement.
Si cela n’est pas possible, disposer des patrouilles offensives en avant des zones d’action de nos propres forces pour interdire à
l’ennemi de s’opposer à leur activité.
Pour que ces patrouilles puissent être vraiment efficaces, elles doivent disposer de toute latitude de mouvement et de décision, en cohérence avec les autres patrouilles de même type
menées à proximité.
Pour ces raisons, leurs ordres doivent se limiter au strict nécessaire pour autoriser le leader à faire preuve d’initiative en fonction de la
situation rencontrée.
En raison de la nature très mobile des combats aériens, il peut être nécessaire de compléter le dispositif par plusieurs autres lignes de patrouilles à des altitudes
différentes.
Le rôle des patrouilles les plus en retrait peut être défensif, mais dans ce cas elles doivent bénéficier elles aussi d’une liberté de manœuvre leur autorisant la conduite de manœuvres offensives. Même si un grand nombre d’appareils est employé, il est toujours possible à des appareils ennemis de se faufiler dans un dispositif pour accomplir
sa mission.
Attaques aériennes des aérodromes
Dans la recherche de la supériorité aérienne, l’attaque des
aérodromes ennemis est de la plus haute importance.
Ces attaques peuvent être menées par le bombardement, par la chasse ou bien en collaboration des deux. Aucune méthode ne peut être adoptée systématiquement. Les facteurs à prendre en compte sont d’abord la nature de l’objectif et de ses défenses, ainsi que l’importance relative de
l’objectif à atteindre.
L’attaque à basse altitude doit être privilégiée si la surprise est obtenue. Dans le cas contraire, l’attaque en altitude est
préférable.
Les attaques menées par la chasse doivent mettre l’accent sur la rapidité de
l’attaque à la plus basse altitude possible.
Il n’est pas recommandé d’employer la chasse pour l’attaque d’aérodromes distants ou très bien défendus.
Un plan d’attaque précis doit être préparé, désignant des objectifs précis aux différentes formations
participantes.
Les attaques combinées bombardiers/chasseurs sont possibles, avec de préférence une attaque basse altitude des chasseurs bénéficiant de la surprise, suivis par les bombardiers. Dans certains cas, on peut envisager l’attaque des chasseurs après les bombardiers, pour traitement des objectifs encore intacts et désorganisation des équipes de
secours/réparation.
Dans le cas d’une attaque combinée, veiller à bien définir les secteurs et horaires d’intervention, ainsi que la nature et la
localisation des objectifs à traiter.
Opérations maritimes
Appareils basés à terre uniquement. Dans certaines circonstances, n’importe quel type d’appareil peut intervenir contre des forces navales ennemies, bien que cela soit la spécialité des unités équipées d’hydravions ou de
bombardiers torpilleurs.
Les unités basées à terre ne sont pas engagées d’habitude dans ce genre d’opérations pris en compte par la Fleet Air Arm, sauf lors d’opérations majeures
menées par la flotte.
Les missions principales dévolues aux appareils basés à terre sont :
- patrouilles anti-sous marine
- escorte de convois
- reconnaissance
- bombardement ou torpillage
Missions anti-sous marines
Elles ne doivent pas être conduites de façon régulière pour obtenir la surprise, si les effectifs engagés ne sont pas
suffisants pour assurer une présence continuelle.
Escortes de convois
Habituellement protégés par la Fleet Air Arm, l’objectif de l’escorte aérienne est de renseigner en coopération avec la flotte, sur les mouvements ennemis – navals comme aériens – et de les attaquer avant qu’ils ne
constituent une menace.
La distance de l’escorte dépend du nombre d’appareils engagés, mais tout sous-marin doit être attaqué
immédiatement après sa détection.
Une distance de recherche de 8km en avant du convoi et de 6km sur ses flancs est recommandée chaque fois que possible.
Avant la tombée de la nuit, la recherche doit aussi s’assurer qu’aucun sous-marin ne se trouve derrière le convoi, profitant de l’obscurité pour se rapprocher du convoi sous couvert de
l’obscurité.
Reconnaissance
Les appareils basés à terre peuvent intervenir pour les missions suivantes :
- reconnaissance rapprochée d’un port ou d’une côte
- reconnaissance lointaine d’une force navale ennemie ou d’identification des unités présentes dans un port ennemi.
L’escorte de la flotte principale vers le port d’attache ou en sortie est du ressort principal des forces aériennes basées à terre, ce qui décharge les unités de porte-avions de cette charge tout en ne pénalisant pas la Fleet Air Arm dans ses
missions habituelles.
En cas de repérage d’unités ennemies, la Fleet Air Arm prend à sa charge les opérations.
Attaques de bombardement ou torpillage
L’opportunité d’attaquer des forces navales ennemies par les unités basées à terre existe chaque fois que les forces ennemies
sont à portée.