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ITALIE 43


De la Tunisie à l’Italie: Pantelleria


Fureur de Goering et visite de Galland

Goering, très mécontent des résultats de la chasse, envoie le jour de la chute de Pantelleria un télégramme sans ambiguïté au QG de la II Luftflotte:

"Tous les pilotes de chasse stationnés en Italie doivent être informés qu'ils sont le plus pitoyable groupe d'insectes que je n'ai jamais commandé. Si par hasard ils s'avèrent justement rencontrer l'ennemi, ils se permettent d'être abattus sans obtenir le moindre succès en retour. J'interdis jusqu'à nouvel ordre toutes les permissions afin de n’avoir pas honte de voir ces personnalités misérables dans la patrie."

Mais la chute de Pantelleria n’a pour conséquence qu’une accentuation de la pression sur les aérodromes Sicilien et Sarde.

Le 17 Juin, l’aérodrome de Comiso subit un raid massif, détruisant de nombreux appareils au sol.

Le 18, c’est au tour de la Sardaigne de subir l’attaque. Cette fois, le III./JG 77 réussit à les intercepter et revendique six victoire sans perte pour lui, ce qui n’est pas le cas de l’aérodrome visé, littéralement aplati.

Les grands raids sont accompagnés de nombreux "petits" raids de bimoteurs sur les ports, les infrastructures et les défenses ainsi que de nombreux "sweep" de la chasse. L’intensification des attaques oblige les groupes de chasse Allemand à se disperser sur des aérodromes secondaires, encore plus mal équipés pour la maintenance des avions qui, dans ces conditions, laisse à désirer. La conséquence en est une multiplication des indisponibilités et pire, des incidents techniques pendant les missions. De plus, l’état des pistes entraîne de nombreux accidents à l’atterrissage. Finalement, les quelques bombardiers encore présents, en dehors des Jabo du SKG 10, déménagent sur le continent.

Le 22, c’est Galland, alors chef de la Jagdwaffe, qui débarque en Sicile a la demande de Goering pour y "mettre de l’ordre et organiser la défense".

Galland aussi est mécontent des résultats, en particulier, contre les grands raids. Il préconise, pour s'y opposer, de grandes formations de plusieurs groupes avec, si possible, une attaque frontale, souvent dévastatrice et difficile à contrer par l’escorte. Les responsables des groupes de chasse essayent de lui montrer les difficultés du secteur pour la chasse et lui énumèrent les problèmes rencontrés:
  • le système d’alerte et de guidage, médiocre, ne les prévient que trop tard, rendant la concentration des groupes impossible. Bien souvent, l’alerte est donnée si tard que la chasse ne peut même plus rattraper les bombardiers. Lorsqu'un groupe arrive à se mettre en position, il échappe rarement a l’escorte nombreuse et agressive qui l’oblige au combat,
  • même si des vétérans aguerris "encadrent" les unités, celles-ci comptent un grand nombre de novices. De ce fait, les vols en larges formations sont problématique et les novices sont des proies faciles pour les chasseurs américains. Ces derniers, outre leur nombre, alignent de plus en plus des P38 et Spitfire IX qui surclassent le 109 G6,
  • les hommes sont épuisés car ils doivent assurer, en plus de l’interception des bombardiers, un grand nombre de missions d’escortes, de reconnaissances ou de couvertures.

Un point, non abordé avec Galland,  est à noter. Comme pour la "bataille d’Angleterre", et contrairement a la "bataille d’Allemagne" qui commence, la chasse allemande intercepte les bombardiers le plus souvent aux larges des côtes. Une conséquence était que les hommes avaient tendance à ne pas pousser leurs attaques "à fond", ayant à l'esprit qu'un pilote parachuté avait bien peu de chance de s’en sortir.

Galland reste imperméable à tous ces arguments et "enguirlande", avec des mots très durs, des pilotes dont certains, vétérans aguerris, ont combattus avec lui au dessus de l’Angleterre.

Comme il fallait s'en douter, cela n’a aucun effet sur la situation et le 25, c’est au tour de Trapani de subir une attaque massive de la 9th Air Force. Cent chasseurs sont perdus au sol. L’alerte ayant été trop tardive, seul quelques chasseurs arrivent a rattraper les bombardiers et en revendiquent seulement deux. La fureur de Goering est homérique et se traduit par un nouveau télégramme réclamant tout simplement des têtes:

"Au chef de la Chasse de Sicile. Durant une action défensive contre une force de bombardiers sur le détroit de Messine, la chasse a faillit dans sa tache. Un pilote de chaque groupe y ayant participé sera désigné et traduit en cours martiale pour couardise face à l’ennemi."

Même si, sur intervention de Galland, rien de fâcheux n’arrivera aux pilotes, leur confiance dans le haut commandement n’existe plus et le moral, déjà bien atteint par leurs difficultés face aux Alliés, sans ressent. Avec le sentiment d’être pris "entre le marteau et l’enclume", il continuerons néanmoins à assurer courageusement les trop nombreuses missions qui leurs sont demandées.




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